Maxime-Auguste-Alexandre-François-Louis de La
Coquillière,
seigneur des Etanchoux, Comte de Sarlande,
Baron de Boissy-le-Cutté,
(dit Max)
Sachez
bonnes gens que notre entrée et séjour en la bonne
ville de Paris se sont bien et agréablement passés en
notre hôtel de la Coquillière près celui (dont il
ne reste plus que la colonne astronomique) de la feue
Reine-Mère régente du Royaume Catherine de
Médicis et proche du Palais-Cardinal où l’on a vu la
pourpre cardinalice vouloir écarter Messieurs les Grands (dont
nous sommes) des marches du trône au préjudice de la
Couronne. Mais, veillant sur notre rang comme vous nous voyez veiller
à notre bibliothèque (sous l’heureuse protection de M.
le duc de Beaufort) afin que notre haute et précieuse
érudition retombe par nos bienfaits sur la foule du peuple, la
réussite de si sombres desseins ne se saurait
concevoir.
Nous avons
rejoint aussitôt que nous avons pu, après avoir,
à Paris, rendu nos devoirs à la Cour, nos terres de
Dordogne et vous voyez ici mon valet qui m’en fit faire – plus
commodément qu’à pied – un premier tour. L’air y est
vif et sain et le jardin – même si M. Le Nostre n’y est encore
passé – incomparablement plus vaste et par là fort plus
plaisant pour satisfaire à notre promenade que les Tuileries
(endroit où l’on ne saurait faire un pas sans croiser cent
personnes de la Cour et leur devoir faire mille civilités ;
cela empêche de goûter à la solitude ce qui
pourtant doit être le tout premier objet d’un jardin). J’y
retrouvais la hardie, plutôt que douce, Cloris, que,
malgré sa barbe nous gardons par affection et pour son sens de
l’audace.
Profitant de
la douceur de ces heureux frimas nous allons ensuite à notre
promenade parcourant à loisir l’agréable gazon du
printemps. Lorsque viennent les chaleurs de l’après-midi nous
avons pour ordinaire habitude de nous mettre à l’ombre de
quelques frondaisons où nous goûtons les charmes de la
conversation et devisons aussi savamment qu’à l’hôtel de
Rambouillet sur la Carte de Tendre. Astrée et Clélie
étant intarissables là dessus vous les voyez les toutes
deux s’entretenir encore pendant leur promenade de ce plaisant
sujet.
A l’ombre des jeunes filles en fleurs…
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